Le vol du kiwi

Imagine toi…

Un pays très lointain, si lointain qu’il te faut – en avion – 2 jours et 1 dodo de nuit pour y aller,

Un pays aux 1000 paysages tellement la nature y est belle et sauvage,

Un pays où les habitants sont moins nombreux que les moutons,

Un pays où poussent les kiwis les plus juteux du monde,

Un pays où vivent les SEULS KIWIS au MONDE !!!

Je te présente : KOKI le KIWI

Car Koki est bien un kiwi.

Mais non, pas celui que tu manges au petit déjeuner !

Celui qui a des pattes, des plumes et un long bec fin, un oiseau donc.

Très rare, presque si rare qu’il en reste moins que les doigts d’une main sur toute la planète.

Le plus étrange est que Koki le kiwi est le seul oiseau au monde qui NE VOLE PAS. Il a bien deux ailes, mais on dirait qu’ellles ont oublié de grandir, ces deux-là.

Elles sont :

MICROSCOPIQUES

LILLIPUTIENNES

MINUSCULES

RABOUGRIES

RIQUIQUI

Avec des ailes comme celles-là, jamais Koki ne volera.

Et pourtant, il rêve de voler, de voir le monde d’en haut, d’être parmi les oiseaux les plus rapides au monde et peut-être d’intégrer un jour l’escadron des TOP BIRDS !

Koki a un ami fidèle, TOROA l’albatros.

Tu sais, ce grand oiseau blanc à l’envol laborieux, au vol majestueux et à l’atterrissage calamiteux.

Toroa a ce que Koki n’aura jamais, des ailes :

DISPROPORTIONNEES

GIGANTESQUES

IMMENSES

MAOUSSES

GEANTES

Avoir un albatros comme ami quand on est un kiwi comporte quelques avantages.

Toroa raconte à Koki ce qu’il y a au-delà de sa forêt natale que Koki n’a jamais quittée.

Il lui dit combien leur pays est beau, il lui décrit les hautes montagnes, les fjords, les étrangetés de leurs pays comme  les pancakes rocks (rochers-crêpes),  si appétissants que Koki se les imagine ainsi :

… ce qui tout bien considéré n’est pas si éloigné de la réalité !

Ou bien encore ces rochers parfaitement ronds (The Moeraki Boulders), gros comme des voitures, échoués par dizaines sur cette grande plage de sable blanc. Koki s’imagine toujours qu’un géant a peut-être perdu là quelques billes un jour, il y a longtemps…

Il lui raconte les collines si vertes, les arbres torturés et tordus par les vents, les baleines voguant près des iceberg, les dauphins dans les criques paradisiaques, les volcans crachant cendres et vapeurs, et puis aussi les millions de moutons, accrochés au paysage comme autant de petits nuages.

Bien sûr, en bon ami qu’il est, Toroa a 1000 fois tenté d’apprendre à voler à Koki. Mais 1000 fois, les tentatives furent vouées à l’échec.

Alors parfois, Toroa pose Koki entre ses deux immenses ailes et reste là, les ailes écartées, simulant un vol mais au sol, tandis que son ami ferme les yeux et s’envole pour de bon.

Et puis, un jour, IL est arrivé, celui que l’on redoute et que  l’on craint là-bas dans ce pays, le GRAND tremblement de terre (The Big One). Cette terre si belle s’est mise à trembler très fort dans la forêt de Koki. Le volcan qui la domine est entré dans une terrible colère, le faisant gronder et cracher poussières et vapeurs brûlantes. Puis la lave est arrivée, rivière incandescente coulant vers la maison de Koki.

Que faire ? Fuir bien sûr, mais avec ses pattes courtes et sans ailes, Koki n’irait pas assez vite. Les autres animaux s’enfuyaient mais Koki restait là, paralysé par la peur.

Soudain, surgissant du rideau de cendres, Toroa est apparu à Koki.

« Viens, » lui cria t-il, « Viens sur mon dos, entre mes ailes, comme dans nos jeux ! »

Koki sauta sans réfléchir sur le dos de son ami, alors même que la lave arrivait à ses pattes.

Quand Toroa décolla, la forêt n’était plus que flammes.

Koki lui n’entendait  plus rien, ne voyait plus rien, car… IL VOLAIT ! Enfin !

Ses plumes s’agitaient dans le vent, même ses minuscules ailes semblaient se réveiller. Il respirait cet air pur des hauteurs du ciel. Alors que sa maison brûlait, que sa forêt disparaissait, Koki était heureux.

Toroa vola longtemps, très longtemps. Ils survolèrent des océans, des mers, des déserts arides, des montagnes blanches et des villes lumineuses.

Ils cherchaient l’endroit idéal pour recommencer une nouvelle vie, se poser quelque part où la forêt serait si dense que Koki pourrait y vivre caché sans être jamais découvert. Quant à Toroa, il avait besoin de la mer pour ses longs vols solitaires en mer.

Après des semaines de voyage, ils survolèrent un beau matin de printemps une belle forêt bien verte, dense et toute proche de la mer, dans un climat doux et humide qui leur rappelait leur terre natale.

D’un coup d’aile, Toroa  plongea vers cette  terre inconnue qui les abriterait dorénavant, Koki et lui.

Je sais, moi, où ils ont atterri… près de chez moi, en Bretagne dans la forêt de Brocéliande, une forêt de légendes les plus folles ; on murmure que d’étranges animaux s’y promènent parfois dans la  nuit noire ; les gens d’ici parlent d’un oiseau géant blanc aux ailes immenses et d’un petit animal gris, une sorte d’oiseau au long bec mais sans ailes.

« Des créatures magiques, pour sûr ! »… « Sûrement pas des animaux de chez nous ! » … « Je n’en ai jamais vu de pareil par ici ! »

Ils n’ont pas tout à fait tort… Vous et moi savons pourquoi !

 

Un peu d’information sur Koki et ses copains kiwis, veux-tu ?

Le kiwi (du maori kiwi, en latin Apteryx Australis, mais c’est moins rigolo que kiwi !) habite les forêts denses et luxuriantes de la Nouvelle-Zélande. Il n’est pas grand (de 45 à 60 cm) et son plumage brun ressemble davantage à des cheveux mal brossés qu’à de belles plumes bien lisses ! On dit que le cri du mâle ferait « Ki-oui », d’où son petit nom actuel ! Les Maori (peuple indigène de Nouvelle-Zélande) le vénèrent et une légende raconte ainsi comment il a perdu ses ailes.

Le Roi de la Forêt regardait pousser ses enfants les arbres, mais il se rendit compte que des parasites attaquaient leurs racines. Il réunit alors tous les oiseaux de la forêt et leur dit que les arbres étaient menacés, et qu’il fallait que l’un d’entre eux accepte de renoncer à ses ailes pour défendre les arbres en mangeant les parasites. A tous les oiseaux auxquels il demandait, le roi de la forêt essuyait un refus : celui-ci a peur de l’obscurité sous les arbres, cet autre a un nid à construire, celui-là n’aime pas avoir les pattes mouillées… Ils trouvaient tous une bonne excuse. Sauf Kiwi , qui, courageusement, accepta de renoncer au ciel bleu pour sauver son habitat et celui de sa famille. Pour le remercier de son sacrifice, le Roi de la Forêt fit de lui l’oiseau le plus aimé de Nouvelle-Zélande.

Contrairement à tous les autres oiseaux du monde, le kiwi a une vue médiocre mais un odorat exceptionnel : ses narines sont situées tout au bout de son long bec, ainsi que des vibrisses, sorte de moustaches, qui lui permettent de sentir ses proies. C’est grâce à ce long bec justement qu’ il farfouille la nuit le sol et les feuilles pour manger larves, insectes, vers et autres « délicieusetés ».

Un autre exception : monsieur et madame Kiwi vivent en couple, mais la femelle, dominatrice est deux fois plus grande que le mâle et c’est le mâle qui couve l’œuf pendant 80 jours. Autre étrangeté : l’œuf ! Il et très gros pour la taille du kiwi , 20% de sa taille, (2%pour celui de l’autruche), pas pratique pour couver, petit monsieur kiwi !  Moi, ce drôle d’oiseau me fascine, et je l’aime aussi parce qu’il me permet de placer mon « w » et mon « k » en un mot au Scrabble !

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About Pepee

Pascale Marbot aka Pépée... Illustratrice, shiatsu-shi et yogini, j’inspire, j’expire... et colorie la vie avec énergie. wwww.pepeeillustratricesolaire.com ou www.casashiatsu.com
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13 Responses to Le vol du kiwi

  1. marie jean jacques dit :

    trés bien PASCALE continue je savais que tu serai douée….

  2. Lucie dit :

    Félicitations !!! J’ai hâte de découvrir le 2ème !

  3. Zlgm dit :

    Les kiwis, j’adore ces petits oiseaux 🙂 !
    Ton histoire m’a beaucoup plu !

  4. la voisine pas commode dit :

    viiiiiteeee le prochain!!

  5. charly la tomate dit :

    continue comme ça!et tu gagneras tu sais quoi!!mais pas avant l’été prochain!

  6. charly la tomate dit :

    ah!! c’est donc ça ton grand secret,que serait-ce si tu allait en nouvelle calédonie?

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